Un peu d'histoire...

Un peu d’histoire…

XVème siècle

11 février 1490 : fondation de la chapelle de la Trinité et d’un Manoir Seigneurial avec deux métairies et deux closeries relevant de la Bodinière en Contigné par Vespasien de Vrigné. Moyré est entouré de douves en eau, les murs des douves sont montés en remparts et il y a deux ponts levis pour accéder à la cour d’honneur. Un autre pont levis se situe dans le Parc pour franchir le canal, c’était alors l’accès principal au château. Un sentier à travers une forêt de sapins rejoignait la route qui mène à Daon.

XVIème - XVIIIème siècles

1517 – 1800 : Occupation du Manoir Seigneurial par la famille de Champagné.

Début du XIXème siècle

9 janvier 1800 : René de Champagné, quatrième du nom, décide de se séparer de Moyré en rente viagère au profit du notaire Bonneau-Toucheburon de Château-Gontier. Le notaire, sans enfant, fait don du domaine de Moyré à sa nièce Hélène Thore, fille du Procureur Impérial. De 1833 à 1851 : Eugène Ernault de Moulins, le mari de Hélène Thore, commandite les travaux du nouveau château tel que nous le connaissons actuellement.

Fin du XIXème siècle

1852 : Décès de Mme de Moulins, à 24 ans et seulement un an après la fin de la construction de ce château. Sa fortune, y compris Moyré, est revenue à ses neveux, la famille de La Devansay. 1877 : Vente du domaine par la famille de La Devansay à la famille du Mas.

Début du XXème siècle

Début des années 1920 : Le château est cédé pour faire un sanatorium pour soigner la tuberculose. Décembre 1936 : Acquisition du Château de Moyré par Pierre Vaysse. Héritier des Instituts VAYSSE au Pré St Gervais, école privée et laïque. Il cherchait un lieu pour accueillir 120 jeunes garçons pour la cinquantaine de jours de vacances scolaires d’été à partir de 1938. De 1937 à 1938 : Travaux d’aménagement pour pouvoir accueillir les élèves. Ces aménagements se traduisent par la réfection de la couverture, l’aménagement de dortoirs et d’équipements sanitaires collectifs, encore visibles au 2ème étage du château, création d’une piscine dans la basse-cour, …

Milieu du XXème siècle

Fin 1939 : Début de la Seconde Guerre Mondiale. Maurice Segaux, directeur d’Institution aux Lilas demande à être recueilli à Moyré avec sa famille et ses élèves. 320 élèves et le personnel se retrouvent dans un lieu conçu pour 120. Septembre 1940 : Les 320 enfants quittent le château de Moyré et retrouvent leurs parents. Le château quant à lui ne fut jamais réquisitionné grâce au Maire, Monsieur Marin, qui réussit à avoir une affiche signée des hautes autorités militaires apposée sur un des piliers du château en gros caractères : Besetzung Verboten (occupation interdite). 1945 à 1964 : La colonie de vacances rouvre chaque été jusqu’à l’été 1964. L’établissement est fermé car les normes ne sont pas requises : noyade d’un jeune anglais dans les douves cette année-là.

Fin du XXème siècle

Années 1970 : Le château est laissé à l’abandon. 1977 : Acquisition du château par Monsieur et Madame Antoine Gaudin de Saint Rémy. Monsieur était colonel dans l’armée de terre et officia en Afrique du Nord. 1987 : Acquisition du château par Marc Estel, artiste peintre, spécialiste de la culture japonaise, ancien ambassadeur de France au Japon. La petite fille de l’Empereur japonais aurait dormi au château. Marc Estel vit aujourd’hui à Hong Kong.

XXIème siècle

1999 : Acquisition du château par M. et Mme Jolard, artiste peintre et sculpteur. Les anciens dortoirs du 2ème étage ayant servi d’ateliers d’artiste. 2017 : Acquisition du château par M. Hervé Rosoy et Mme Valérie Rosoy, tous deux entrepreneurs dans la région parisienne.

Aujourd'hui

L'histoire du château continue avec vous

Souvenirs de Moyré...
Carte postale du Château de Moyré
De 1956
Château de Moyré façade ouest
À gauche les communs, à droite le potager.
Parc de Moyré au millieu du XXème siècle
Les parterres de fleurs entretenus par Mme Rose Vaysse, la femme du directeur de la colonie et le parc par le père Liénard.
La vie à Moyré durant la 2nd Guerre mondiale
Sont aménagées des classes dans les communs et des dortoirs dans les salons du château pour pouvoir accueillir les 320 enfants.
Réfectoire dans le Grand salon
La "Drôle de Guerre au Château de Moyré" - septembre 1939 à septembre 1940
Course de fond dans la piscine du Château de Moyré
Construite en 1937 dans la basse-cour pour accueillir les enfants de la colonie de vacances
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Poème de M. Gabriel MACQUART

Professeur à l'Institution Vaysse au Château de Moyré

          La mémoire est parfois défaillante… mais les sensations perçues laissent en nous des impressions toujours aussi fraîches. Ne viennent-elles pas nous remémorer des passages précis de notre vie ? Nos sens en débordent, notre cœur pleure désespérément ou crie son allégresse dès qu’elles reparaissent.
          Telle odeur de camomille rappelle des bords de route où nous avons peiné sous un soleil ardent. Ces odeurs lourdes de chrysanthèmes nous reportent vers une arrière-saison particulière. Et ces tendres roses qui ont imprégné notre être par une belle soirée d’été ! Ces odeurs puissantes de terre mouillée et de feuilles tombés nous transportent bien vite dans cette charmante futaie lors d’une promenade après la pluie. Odeurs âcres d’un feu de bois dans la cheminée, réveillez en nous la soirée agréable passée au milieu d’êtres chers !
          Vous toutes, odeurs, avez votre personnalité et déclenchez en notre esprit un temps de notre existence que nous craignons de revoir ou que nous aspirons à revivre.

          Moyré, pour moi, est un bouquet d’odeurs.
          Bouquet particulier, car nous ne sentons pas tous pareillement ; mais comme je l’aime, car il m’est cher !
          Qui ne connaît la large allée où flottent ces senteurs de foin sec mélangées aux fades émanations de laitage de la ferme voisine.
          Et toi, petit bois ceinturé d’un muret couvert de lierre, comme tu es accueillant quand tu nous invites, à l’ombre de tes frondaisons, à respirer ton souffle parfumé par toutes les essences de tes arbres.
          Majestueux parterres aux subtils arômes, vous présentez votre maître : le château de Moyré.
          Et toi, douve indolente qui resserres de ton large ruban limpide ton seigneur, tu combles mon bouquet.

          À la tombée du jour, à l’heure du rossignol, quand le grand château blanc se mire dans tes eaux glauques, tu veux te surpasser. Alors monte dans le soir ton humide et troublante exhalaison qui flotte sur le domaine endormi.