Architecture

CHÂTEAU DE MOYRÉ

Architecture

Au niveau de la stylistique, le château sous sa forme actuelle, procède de deux influences : les styles Louis XVI et Empire avec dominante de ce dernier, dans un éclectisme fort apprécié en province, à son époque de construction en 1855. De ces deux sources conjuguées sont issus une synthèse, une grande unité et un néo-classicisme de caractère, nourris des habitudes architecturales de la fin du 18ème siècle, mais très imprégnés de l’effet de grandeur et de rectitude de l’Empire.

Style Louis XVI

Acrotère

Socle placé aux extrémités ou au sommet d'un fronton pour servir de support à un ornement.

Mouluration

Ensemble des moulures d'un ouvrage d'architecture. Ici, elles sont situées sur le contour des fenêtres.

Entablement

Partie d'un édifice située au dessus d'un pilastre et qui comprend l'architrave, la frise et la corniche.

Architrave

Partie inférieure de l'entablement qui porte directement sur les chapiteaux des pilastres.

L’édifice garde de l’époque Louis XVI une façade dépouillée, obéissant à une rigoureuse symétrie, l’abandon des hautes toitures, occultées, à leurs rives, par un acrotère agrémenté de jours en balustres, la survivance discrète d’un troisième niveau en attique, la légère mouluration des entourages de fenêtre, la disparition de l’avant-corps central en saillie, enfin, un entablement puissant avec architrave largement déployé à la Corinthienne, courant rigoureusement sur toutes les façades.

Style Empire

Pilastre cannelé

Support rectangulaire encastré dans un mur et terminé par une base et un chapiteau.

Chapiteau

Partie élargie qui couronne un pilastre.

Bossage

Saillie sculpté dans un but d'ornementation à la surface d'un ouvrage de pierre.

Modillon

Élément d'architecture sculpté qui sert à soutenir une corniche.

Corniche

Partie supérieure de l'entablement. Sa disposition en saillie protège les parties inférieures de l'écoulement des eaux pluviales.

Denticule

Motif ornemental formé de découpures rectangulaires pratiquées sur un large listel.

Rinceaux sculptés

Motif ornemental composé de feuillages et tiges végétales à enroulements successifs plus ou moins rythmés et ordonnés.

Clés d'arc sculptés

Claveau central d'un arc appareillé qui a pour but de bloquer sa structure.

De l’Empire, dominent les caractères suivants : le parti pris de grandeur monumentale obtenu par l’étirement ostentatoire des volumes dans les deux dimensions. À la verticale, des chaînages saillants en pilastres cannelés, parfois rudentés et ornés de sculpture, surmontés de chapiteaux à feuilles d’acanthes couvert d’un abaque, s’élevant du rez-de-terrasse aux acrotères, et des travées de baies dont la hauteur s’amortit aux balustrades. À l’horizontale, les travées répétitives et disciplinées du bossage plat des colonnes accentuant l’emprise de la façade, un puissant fronton grec sur style Colossal, une très longue file de modillons sous la corniche et de denticules au droit de l’architrave, ainsi que la totale nudité des à plats de l’élévation.

On retrouve également, de part et d’autre de la porte centrale, des rinceaux sculptés en relief constitués d’arabesques de feuillage représentant des rameaux d’olivier, symbole de la paix ou de la victoire. Les portes-fenêtres cintrées en rez-de-terrasse sont ornementées de clés d’arc sculptés, soit de feuilles d’acanthe qui est une fleur sauvage du sud de l’Europe, soit de petites feuilles lobées. 

Enfin côté fonte, l’imposte de la porte d’entrée, dans le grand salon, avec ses guirlandes et ses sept nymphes dont les bras soulevés en forme de lyre nous ramène à l’Antiquité et au divin Hermès, inventeur de cet instrument à cordes, messager des Dieux et protecteur des voyageurs, sont des éléments remarquables de la façade. Tout comme le balcon, dont les garde-corps en fonte à balustres d’inspiration Empire, a été ajouté après la construction du château à l’époque du Grand Machinisme vers 1855 qui marqua la seconde révolution industrielle en Europe occidentale.

Sur son aile droite, à la même époque fut construit l’Orangerie qui est plus longue que le château en lui-même, 47 mètres, soit 3 mètres de plus, afin de joindre la tour à dôme impérial surmonté d’un campanile abritant une cloche.

La deuxième tour en poivrière abrite avec ses trois vitraux, un oratoire, lieu consacré à la prière personnelle pour invoquer la protection divine. Il contient trois vitraux qui proviennent de l’atelier de vitrail des Carmélites du Mans, signés Carmel de Cenom. Est également présent dans l’oratoire, la représentation de la voute céleste formée d’étoiles et au sommet, les armoiries du château de Moyré représenté à côté d’un casque de chevalier.

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Vitrail de la chapelle situé au dessus de l'hôtel - consacrée à la Vierge Marie tenant Jésus dans ses bras
Ces deux tours sont les vestiges de tours de garde datant du 15ème siècle.