Le Château de Moyré
est un édifice, de type néo-classique, d’exception dans la région du Pays de la Loire, tout en pierre de tuffeau jaune de Saumur. Depuis la route, on le devine car il est caché par la végétation, il se découvre en s’en approchant, en traversant une allée ombragée de châtaigniers multi centenaires du XVIème siècle, terrain de jeu des écureuils, puis la grille aux lions. Passé cette grille, il suffit de suivre l’allée dans l’axe du château et de dépasser la rotonde pour faire face à cet édifice.







Les différentes pièces de réception
Cette pièce aux dimensions remarquables de 50m2 est parquetée en point de Hongrie avec trois expositions la rendant très lumineuse. Deux splendides miroirs qui se font faces. Un ciel peint avec des hirondelles caractéristique d’un style très français. Une cheminée en marbre rouge de Rance des Flandres dont la carrière a servi également le château de Versailles et notamment la galerie des Glaces et l’escalier de la Reine.
Deux copies réalisées par Laure BRETON en 1881 d’un tableau exposé au Louvre de François BOUCHER, peintre français du XVIIIème siècle représentatif du style Rococo sur toile marouflée et premier peintre du Roi Louis XV en 1765. À droite, Le Nid, exposé au Musée du Louvre et à gauche : Les Charmes de la Vie Champêtre : L’idéal de “galanterie” constitue au XVIIIème siècle une valeur identitaire forte pour les Français.
Dans cette pièce bleue de 33m2 les boiseries sont dans leur état d’origine. Nous pouvons observer sur les impostes de porte des représentations de différents instruments de musique de la période Antique. Une cheminée en marbre noir de Louverné dont les carrières sont situées près de Laval est de style Empire. Un tableau sur toile marouflée de style rococo est situé au droit du manteau de cheminée, probablement une copie dont nous n’avons pas encore identifié l’œuvre.
Cette pièce de 17m2 (hors escalier) fut finie d’être restauré en 2001 suite à un sinistre lié à la tempête du 26 décembre 1999, le carillon du château a chuté par le vent et les infiltrations ont provoqué d’importants dégâts. La hauteur sous plafond est de 11 mètres, là où se situe la suspension. On peut observer au sol un dallage en tuffeau et ardoise d’origine.
C’est la pièce la plus vaste du château avec une surface de 55m2 et une belle hauteur sous plafond, 4,30 mètres. Il faut imaginer un billard disposé sous le grand lustre hollandais en laiton de style Louis Philippe que nous avons retrouvé au grenier sous un tas de décombres et qui a retrouvé sa place d’origine après une restauration de son système électrique. On y remarque un plafonnier en stuc tout à fait remarquable. La cheminée tout en tuffeau a été restauré et on y voit les armoiries de la famille du Mas de Chebrac et de son épouse la famille La Croix de Bonrepos.
Cette pièce de 15m2 est en cours de rénovation et abrite un bureau. La porte avec les vitraux sont signés Jean Clamens célèbre peintre verrier et ont été réalisé en 1912, six ans avant son décès. Il était reconnu pour représenter des vitraux sur la guerre de Vendée. Cette pièce servie de bonneterie lorsque le château a eu vocation à être une colonie de vacances de 1938 à 1964. Chaque cavité est numérotée et servait à répertorier et ranger le linge des enfants.
Cette pièce de 42m2 dispose d’une monumentale cheminée en bois. On peut y observer les lys sculptés sur le manteau de cheminée ainsi que les lys sur le contrecœur en fonte dans l’âtre avec la Couronne du Roi de France, signe que nous sommes bien dans une famille qui marquait son attachement à la Royauté. Enfin les têtes de lion sont symboliques de la puissance, ils évoquent la monarchie, la royauté et la suprématie. Sous le centre de table, un trou est présent dans les carreaux de ciment. À cet endroit était dissimulé une sonnette pour appeler le personnel, c’était plus discret que la petite cloche.
Cet office de 22m2 servait à ranger la vaisselle et le linge de table. Les plats venaient de la cuisine située dans le bâtiment annexe car au XIXème siècle les cuisines étaient toujours localisées à l’extérieur afin que les Maîtres ne soient pas indisposés par les odeurs de cuisson. Le personnel de maison y dressait les assiettes et attendait les ordres de la Maîtresse de maison pour faire suivre les plats du repas. Aujourd’hui, cette pièce est destinée à devenir un bar de style empire.







Les différentes pièces du premier étage
Côté sud de l’escalier d’honneur, un corridor de 16 m2 dessert deux chambres et un cabinet d’aisance. Les deux chambres sont reliées par une salle de bain commune de 11 m2 de style contemporaine avec baignoire d’angle, douche et deux vasques individuelles, l’ensemble formant un appartement fort agréable.
Cette pièce située à l’extrémité sud du château, d’une surface de 30 m², bénéficie d’une triple exposition et d’une vue sur la cour d’honneur à l’est, le parc aux ifs au sud ainsi que sur le jardin romantique, les douves en eau et le parc agricole à l’ouest. Un balcon surplombant les douves en eau, filant sur tout le pignon du château est accessible uniquement par cette chambre.
Cette chambre bénéficie d’un parquet point de Hongrie en chêne massif teinté clair et d’une cheminée en marbre noir de Louverné près de Laval. Les boiseries aux murs sont habillées de lambris d’appuis de revêtement moulurés. Le mobilier est de style shabby chic d’inspiration Louis XV inspirant romantisme et féminisme. Les frontons des doubles portes en bois sont de style XVIIIème.
Située côté sud-ouest et exposé ouest, cette chambre d’une superficie de 24 m² bénéficie d’une vue sur le jardin romantique, les douves en eau et le parc agricole à perte de vue. Elle dispose d’un parquet à bâtons rompus en chêne massif et d’une cheminée en marbre rose de Saint Berthevin près de Laval. Les boiseries aux murs sont habillées de lambris d’appuis de revêtement moulurés.
Le mobilier et la décoration est de style campagne anglaise, classique et intemporelle, dans les tons roses et verts aux tissus fleuris. Le lit est placé dans une alcôve à fronton de style XVIIIème. Une petite pièce attenante à fenêtre en losange incurvé sert de vestiaire avec une petite coiffeuse romantique. Son penchant de l’autre côté de l’alcôve sert de bagagerie.
Côté nord de l’escalier d’honneur, une galerie de 31 m2 de style second empire aux plafonds à caissons ronds et aux ornementations en stuc de marbre dessert quatre chambres.
Une chambre pourpre de style baroque, d’une surface de 14 m² est exposée côté ouest et bénéficie d’une vue sur le jardin romantique, les douves en eau et le parc agricole à perte de vue. Cette chambre bénéficie d’un parquet point de Hongrie en chêne massif et d’une cheminée en marbre rose de Saint Berthevin près de Laval. Les boiseries aux murs sont habillées de lambris d’appuis de revêtement moulurés.
La tête de lit de style baroque est capitonnée de velours noir et placée dans une alcôve. Un cabinet d’aisance et une salle de douche avec lavabo sont à partager avec la chambre suivante. Les deux chambres peuvent être jointes par un passage prévu et crée pour les valets de chambre afin que ceux-ci ne croisent pas les Maîtres de ces lieux dans la galerie pendant le service.
La chambre, d’une surface de 23 m² est à l’origine un salon octogonal où la châtelaine recevait ses amis et bien souvent pour s’adonner au spiritisme très en vogue au XIXème siècle. Cette pièce est dans l’axe du château, exposée plein ouest, elle bénéficie d’une vue sur le jardin romantique, les douves en eau et le parc agricole à perte de vue.
Le parquet est à forme géométrique peu commune pour l’époque en forme de cubes assemblés, dit géométrie euclidienne. Le cubisme est un courant avant-gardiste formaliste dans l’art figuratif européen du début du XXème siècle. Il tend à montrer la structure géométrique d’un volume. Cinq portes à frontons triangulaires brisés de style Empire sont assez remarquables. En y regardant de plus près, les anses des vasques représentent des monstres marins en forme du Léviathan issu de la mythologie phénicienne, il est mentionné dans la Bible et symbolise les forces du mal.
Les boiseries aux murs sont habillées de lambris d’appuis de revêtement moulurés et il se trouve également une cheminée en marbre rose de Saint Berthevin près de Laval dans la chambre. Le mobilier en acajou est de style Empire, la tête de lit à fronton triangulaire rappelle le décor de la pièce.
La chambre bleue est de belle dimension, 29 m² et est exposée plein ouest, elle bénéficie d’une vue sur le jardin romantique, les douves en eau et le parc agricole à perte de vue. Les boiseries aux murs sont habillées de lambris d’appuis de revêtement moulurés. Elle est parquetée en point de Hongrie en chêne massif teinté et équipée d’une cheminée en marbre noir de Louverné près de Laval.
Cette chambre bénéficie d’une salle de bain privative de 19 m2 avec Jacuzzi, douche et cabinet d’aisance séparé, ainsi que deux vasques séparées ce qui fait de cette chambre une belle suite.
La dernière chambre située en extrémité nord du château est accessible après avoir passé deux antichambres où l’on patientait avant d’être reçu par le Maître de ces lieux. En fonction des époques, parfois Seigneur, parfois Marquis ou Directeur d’établissement, cette pièce est la chambre d’apparat.
D’une surface de 35 m², cette pièce bénéficie d’une triple exposition : est sur la cour d’honneur, ouest sur le jardin romantique, les douves en eau et le parc agricole, et nord sur une terrasse privative de 25 m² exposée à l’ouest et fermée par une ancienne chapelle. Elle est parquetée en point de Hongrie en chêne massif teinté et équipée d’une cheminée en marbre Portor.
La décoration est riche en rameaux : frontons de porte, corniches, chambranles, qui sont ornementés dans un style Renaissance d’ordre Corinthien. Un ciel est peint au plafond.
Les meubles sont en manguier d’inspiration indienne et les fauteuils en rotin. Les luminaires sont en métaux provenant d’Istanbul pour la suspension et de Casablanca pour les appliques.
En traversant un boudoir de style vénitien, on gagne une salle de bain de 9 m2, un dressing et un cabinet d’aisance situé dans une tourelle faisant de cet ensemble une belle suite. Sur le parcours est dissimulé un escalier dérobé.

